2. Sources : Le Ia Mana Te Nunaa  : pour une Polynésie indépendante, socialiste et écologique


Alexis Vrignon

Historien, Université d’Orléans.


Résumé : Dans les années 1970 en Polynésie naissait un petit parti écologiste, socialiste et indépendantiste, fermement opposé au Centre d’Essais Nucléaires (CEP) installé par la France pour développer sa capacité nucléaire militaire.

L’écologisme a longtemps été associé aux seuls pays industrialisés, comme si son émergence était corrélée au niveau de développement et aux dégâts du progrès qui en résultaient. Ce qu’il était alors convenu d’appeler le tiers-monde, Outre-mer inclus, aurait été en marge de ces processus : tout au plus les envisageait-on comme des objets de politiques publiques visant à préserver la biodiversité ou à faire face à la montée des eaux dans le contexte du réchauffement climatique[1]. Cet état de fait incarnait en partie les revendications des pays en développement eux-mêmes, qui considéraient que seuls les pays riches étaient responsables, et qu’ils n’étaient donc pas concernés par le sujet. C’était par exemple la teneur des propos d’Indira Gandhi, lors du sommet de Stockholm en 1972[2].
La donne a changé. Le Brésil de Dilma Roussef a voulu se poser en exemple, en organisant ce qui s’avère avoir été le dernier Sommet de la Terre, en 2012. Des pays tels que le Costa Rica ou le Bouthan ont engagé des politiques de protection de la nature et de développement durable très conséquentes. Les travaux académiques de Juan Martinez-Alier[3] ont mis en lumière l’existence de luttes que l’on peut qualifier « d’écologistes », quoique prenant des formes spécifiques, à l’image de la défense de leur forêt par les Chipko étudiée par Ramachandra Guha[4]. En France, l’ethnologue Robert Jaulin et le psychologue Serge Moscovici, qui ont joué un rôle important dans l’émergence de l’écologisme, montraient déjà que la destruction de la nature s’accompagne aussi de ce qu’ils ont appelé un « ethnocide »[5]. Plus récemment, des mouvements sociaux ont été mis en lumière dans les Outre-Mer, aussi bien à la Réunion qu’à la Guadeloupe ou à la Martinique[6], soulignant de nouveau la spécificité des réflexions autour de la crise écologique depuis les espaces coloniaux et postcoloniaux. Désormais, de très nombreux travaux explorent les multiples manières dont la colonisation a pu contribuer aux processus de destruction de la nature qui aboutit à la situation actuelle[7].
Deux formes de réflexion sur l’état de colonialité s’entremêlent, en réalité : les effets persistants de la projection de puissance des pays, ayant été ou non colonisateurs dans le passé (exemple de la Russie ou de la Chine), et la critique du développement dans ses prétentions universalistes. Ce faisant, ces auteur.ice.s s’intéressent aux processus concrets tels que la mise au travail forcé des individus et le pillage des ressources mais, au-delà, iels contribuent à un débat plus fondamental sur le rôle de la colonisation comme système de pouvoir et de savoir qui aurait été la matrice de la modernité occidentale. Cette dernière étant considérée comme à l’origine de la crise écologique actuelle, une partie de ces auteur.ice.s appellent à mobiliser d’autres formes de rationalité qui seraient autant de pistes pour tisser de nouveaux liens avec la nature[8].
À bien des égards, les deux textes proposés s’inscrivent dans ces réflexions tout en permettant un pas de côté qui leur confèrent une réelle spécificité. Géographique d’abord car il y ait question de la Polynésie française et du C.E.P. Ces trois lettres n’évoqueront probablement rien à la très grande majorité des habitants de la France continentale. Le Centre d’Expérimentation du Pacifique a été, pendant plus de trente ans, l’organisme en charge de la bonne réalisation sur place des essais nucléaires. Considéré par le pouvoir gaulliste comme relevant de l’intérêt supérieur de la nation, le C.E.P. a été imposé aux Polynésien.ne.s et à un territoire alors en situation coloniale à la suite de l’indépendance de l’Algérie où avaient détonnés les premiers engins français. D’abord aérienne (de 1966 à 1974), puis souterraine (1975-1996), ces expérimentations suscitent encore aujourd’hui sur place d’importantes controverses quant à l’importance et à la gravité des retombées radioactives mais aussi autour des impacts politiques, économiques ou encore culturels de cette période[9]. Car le C.E.P. ne se limite pas aux sites d’essais de Moruroa et Fangataufa : il est constitué d’un ensemble d’installations implantées sur une trentaine d’îles et atolls éparpillés sur ce territoire du Pacifique d’une superficie équivalente à celle de l’Europe. Son implantation stimule l’artificialisation des terres, il contribue aussi bien à l’enrichissement du territoire et qu’au creusement des inégalités des revenus, il diffuse de nouveaux produits de consommation et creuse sa dépendance économique et alimentaire, en un mot, il intègre pleinement la Polynésie à l’Anthropocène. Les mots avec lesquels les implications du C.E.P sont décrites rappellent d’ailleurs ceux de Jean Giono s’opposant au projet de centrale nucléaire à Cadarache : « … pourquoi ce centre inoffensif n’a-t-il pas été installé tout simplement à Paris, et plus spécialement dans les jardins inutiles de l’Élysée ? »[10].
L’intérêt de ces deux textes n’est pas uniquement dû à leur ancrage dans une histoire et un territoire relativement méconnu. Ils ont été produits par un parti politique, le Ia Mana Te Nunaa (« le pouvoir au peuple » en reo tahiti) qui, dès sa création en 1975, propose une synthèse idéologique originale[11]. Ses fondateurs, Jacqui Drollet, Philippe Siu ou Jean-Paul Barral, sont tous polynésiens et appartiennent à une génération qui a pu, moins rarement que par le passé, effectuer des études supérieures en métropole. De retour sur leur terre natale, ils œuvrent à la construction d’un parti ouvertement indépendantiste[12] dont l’idéologie est inspirée par le marxisme – et notamment par les enjeux de lutte des classes – mais aussi par les débats écologistes des années 1970. À leurs yeux, la Polynésie indépendante devra être socialiste et écologique pour qu’une accession à l’autonomie formelle n’entérine pas une dépendance économique, agricole ou encore culturelle structurelle. Ainsi, le Ia Mana Te Nunaa n’esquive pas les enjeux identitaires et s’inscrit pleinement dans le mouvement de renaissance culturelle polynésien des années soixante-dix ; dans le même temps, il propose une offre politique nouvelle aux inspirations diverses et attentives aux enjeux sociaux et économiques du territoire. Indépendantisme, socialisme et écologisme peuvent se combiner de bien des manières et la proposition du Ia Mana Te Nunaa n’est pas la moins digne d’intérêt.
 
Les deux textes sont extraits du Bulletin de liaison du Ia Mana Te Nunaa. Le premier texte est paru dans le n°10 (janvier 1978), non paginé, et le second dans le n°115 (février 1984), p. 4-6. Le texte n’a pas été changé.
 

Texte 1. Te parururaa natura. Une écologie socialiste

Une politique de la défense de la qualité de la vie doit compléter celle du niveau de vie. Il nous faut remettre en cause les structures économiques, politiques et culturelles pour que la nature devienne un droit pour tous.

La croissance anarchique basée sur le soi-disant libéralisme économique dont la seule loi est le profit maximum de quelques uns doit cesser. Nous devons changer nos habitudes actuelles de penser car nous ne raisonnons actuellement qu’en terme de rendement économique.

La pureté de l’air et de l’eau, la beauté d’une forêt ou d’un lagon n’ont pas de valeur. Or dans notre société actuelle, la nature ne prend de la valeur que lorsqu’elle est détruite !

Une rivière ne rapporte qu’après avoir été détruite (extraction de matériaux) ou après avoir été transformée en égout par suite de l’implantation d’un lotissement ou d’une zone industrielle !

Un lagon vivant n’a de valeur que pour les familles de pêcheurs mais il rapporte encore plus lorsque ses ressources vivantes sont pillées et lorsqu’il est transformé en désert sous-marin après des travaux d’extraction de corail, des remblais, la construction d’îlots artificiels et de cités lacustres pour privilégiés.

Voici ce que propose Ia Mana Te Nunaa

  1. ENCOURAGER LA CRéATI0N DE ZONES PROTéGéES

Pour cela il faut appliquer des mesures strictes de lutte contre la spéculation foncière :

  • Une zone protégée doit échapper au système des dérogations car elle est convoitée
  • Aménagement de zones d’espaces verts dans les lotissements sociaux, de zones de loisir avec équipement socio-éducatif, de zones littorales publiques pour le libre accès à la mer.
  • Entreprendre une politique active de reforestation des îles hautes, investissement pour l’avenir.
  • Instituer un code d’aménagement du Territoire de façon à éviter les nuisances et les spéculations : pas d’industries ou d’activités polluantes en amont des zones habitées, pas d’opérations immobilières dans les zones agricoles…
  1. LUTTER CONTRE LE GASPILLAGE D’éNERGIE

Le gaspillage au niveau des moyens de communication (transport), de production et de consommation familiale doit être arrêté si nous voulons concilier le développement économique et le maintien de la qualité de notre environnement.

Il faut aussi encourager et promouvoir l’utilisation des énergies nouvelles (énergies solaire, éolienne, hydraulique, bio-organique…).

Ia Mana Te Nunaa rejette la solution de l’énergie nucléaire parce qu’elle n’est pas encore maîtrisée, parce que les déchets radioactifs posent un problème de retraitement et de stockage non résolu de façon satisfaisante, parce qu’elle accroîtrait notre dépendance vis-à-vis de l’extérieur.

Ia Mana Te Nunaa refuse la civilisation de tout nucléaire qui tend à remplacer la civilisation du « tout-pétrole » après celle du « tout charbon » parce que ce type de civilisation implique un type de développement centralisé et capitaliste qui est à l’opposé de ce que nous souhaitons pour la Polynésie.

  1. UN NOUVEAU TYPE DE DéVELOPPEMENT éCONOMIQUE
  • doit préserver et améliorer l’environnement ;
  • protéger notre patrimoine naturel des appétits capitalistes ;
  • s’opposer à l’appropriation du domaine public maritime par des particuliers ou des sociétés privées (remblais maritimes, concessions d’extractions ou d’exploitation à des sociétés capitalistes locales ou étrangères) ;
  • informer, former la population pour le développement des activités économiques non polluantes. Ainsi l’utilisation des ressources locales (matériaux de construction, produits agricoles…) et la réutilisation de certains déchets (compost-matériaux de vidange-digesteurs…) entraînent des bénéfices économiques immédiats et des avantages écologiques certains ;
  • privilégier les choix économiques qui impliquent une participation active des masses à la production et au contrôle de l’appareil économique (développement du secteur primaire et du mouvement coopératif).
  1. DEVELOPPER LE PLANNING FAMILIAL

afin de mieux maîtriser la démographie du Territoire.

Actuellement le taux de croissance démographique est de 33 pour mille, ce qui veut dire que sur 1 000 habitants, l’excédent des naissances sur les décès est de 33 habitants chaque année.

En 1971, il y avait 112 000 habitants en Polynésie. En 1975, 128 000, en 1985 il y aura 175 000 habitants et 235 000 en 1995, soit dans moins de 18 ans.

En 1971, 53 % de la population avait oins de 20 ans

En 1990, 50 % de la population aura moins de 15 ans

Il importe de prendre des mesures dès à présent pour freiner une croissance démographique qui : 

  • accélère les phénomènes de migration vers les centres urbains,
  • accroît les problèmes sociaux : chômage, urbanisation anarchique, alcoolisme, acculturation, délinquance, violence…

N’oublions pas que la protection de la nature c’est surtout et avant tout la protection de l’homme dans son cadre de vie, naturel, économique, social et culturel.

Texte 2. Nos raisons contre le C.E.P.

Dans notre numéro précédent, nous avons rappelé brièvement quelques dates du passé récent concernant l’installation du C.E.P. et le mouvement de protestation qui s’est manifesté et qui va en s’amplifiant aujourd’hui. Nous avons notamment cité la prise de position unanime et très ferme du Synode de l’Église Évangélique de Polynésie française en 1983.

Pour nous, IA MANA TE NUNAA, les raisons de notre refus sont multiples. Si l’Église a voulu dans sa prise de position se cantonner sur le plan moral, nous embrassons quant à nous dans notre refus, les domaines politiques, économiques, social et culturel.

La première objection est de nature politique. CES ÎLES DU PACIFIQUE NE SONT PAS LA FRANCE, de même que l’Algérie n’était pas la France, pas plus que le Viet-Nam. LE PEUPLE POLYNéSIEN EXISTE, il a un nom, c’est le peuple Ma’ohi, il a une langue, la langue Ma’ohi et ses différents parlers, essaimés aux quatre coins du Pacifique, il a une histoire, une civilisation et une culture. Si la France est présente sur ces îles en tant que puissance tutélaire, c’est à cause de l’Histoire de la Colonisation. La situation présente ne peut donc être considérée sur le plan du droit des peuples que comme l’héritage du colonialisme.

De quelle légitimité un état colonial peut-il se prévaloir devant l’Histoire et devant le droit des peuples, pour IMPOSER À UN AUTRE PEUPLE LE FARDEAU DES EXPéRIMENTATIONS NUCLéAIRES QUE SES PROPRES CITOYENS REFUSENT D’ACCEPTER CHEZ EUX ? Cette objection première justifie à elle seule la demande que IA MANA TE NUNAA a formulée à la réunion de l’Internationale Socialiste de Bruxelles en novembre 1983, de l’organisation sur le Territoire d’une consultation populaire où le peuple ma’ohi serait interrogé sur son acceptation ou sur son rejet du C.E.P.

Le second aspect de notre opposition au C.E.P. réside dans les risques écologiques encourus par l’environnement de notre pays. Les mesures de silence, la mise sous tutelle de l’information parlée et écrite, adoptées dès l’installation du C.E.P, sur tous les problèmes liés aux activités du C.E.P ne plaident pas en faveur de la confiance. À chaque fois que s’est produit un événement comme ce fut le cas en 1979 où un accident provoqua la mort de plusieurs techniciens, c’est toujours la démarche du SECRET, de la TROMPERIE, du SILENCE et de la DéSINFORMATION qui fut adoptée. Les grands brûlés évacués en secret dans un hôpital militaire français alors que l’hôpital Jean Prince est le centre des grands brûlés le mieux équipé de tout le Pacifique…, ces blessés mis au secret au nom de la sécurité nationale, etc.., etc.., Et l’on voudrait dans ce contexte que l’opinion publique polynésienne fasse confiance à ceux qui disent les expérimentations nucléaires souterraines inoffensives.

NUL ET RIEN N’EMPÊCHERA UN CITOYEN DOTé D’UNE ONCE DE RéFLEXION DE SE MéFIER DES DéCLARATIONS DE CEUX QUI, DURANT DEUX DéCENNIES SE SONT MOQUéS DE LUI, ONT NIé SON DROIT éLéMENTAIRE à L’INFORMATION, ONT BâTI AUTOUR DU C.E.P LE MUR DU SILENCE ET DU MéPRIS.

Mais nous ne rentrerons pas dans une controverse d’experts sur l’aspect écologique des activités du C.E.P. La volonté délibérée du gouvernement français de dissimuler des informations, des données, de contrôler la presse pendant de longues années sur ce sujet, est pour nous suffisante pour nous faire une opinion. Notre seule réponse à cet aspect du problème est de dire : PUISQUE LES EXPéRIENCES SOUTERRAINES SONT INOFFENSIVES, ALLEZ DONC LES FAIRE DANS UN COIN DéSERTIQUE DU MASSIF CENTRAL DONT L’ASSISE GéOLOGIQUE BASALTIQUE EST IDéALE POUR CE GENRE D’EXPéRIMENTATIONS.

Par contre, il y a des domaines où la nocivité des activités du C.E.P ne fait aucun doute, parce que mesurable, observable tous les jours, ce sont les domaines social et économique.

Comment un petit territoire de 120 000 habitants n’aurait-il pas été bouleversé dans ses fibres les plus profondes par l’introduction d’un organisme étranger, à l’échelle d’une nation de 50 millions d’habitants ? Comment la société polynésienne aurait pu échapper au traumatisme issu de la transplantation brutale d’un effectif exogène de 10 à 15 000 personnes pour la plupart des hommes célibataires ?

Comment l’économie du Territoire aurait-elle pu résister à la pression formidable des milliards et des milliards d’argent public déversés dans le Territoire et à toutes ses conséquences dommageables ?

– Dépendance accrue (et totale aujourd’hui) de l’activité économique du Territoire par rapport aux interventions budgétaires de l’État, conséquence de la présence du C.E.P. En 1982, le budget territorial se montait à 30 milliards[13] alors que celui de l’État était de 53 milliards. Des personnalités compétentes ont estimé à 40 % le « poids du C.E.P » dans le produit intérieur brut du Territoire.

Cette situation est-elle tolérable pour un pays ? Accepter que près de la moitié de la « richesse » du pays provienne d’une industrie de mort, est-ce bien raisonnable ? SE RéSIGNERA-T-ON À CE QUE L’AVENIR DE NOS ENFANTS RéSIDE DANS LA POURSUITE DE CES ACTIVITéS D’EXPéRIMENTATIONS DE SYSTèME D’ARMES NUCLéAIRES ?

– Désertion des îles et des activités primaires traditionnelles (coprah, vanille, agriculture traditionnelle, pêche artisanale) pour aller construire les infrastructures du C.E.P (près de 10 000 travailleurs polynésiens étaient embauchés par le C.E.P au moment de la construction des sites). Chute des productions traditionnelles et aggravation du déficit de la balance commerciale du Territoire. Pratiquement équilibrée autour des années 58, 59, 60, elle est aujourd’hui en déficit de 98 %.

– Pratique d’une politique de hauts salaires dans la fonction publique pour acheter le silence et la complicité des classes moyennes et des relais d’opinion. Cette politique aggravait les inégalités sociales entre un prolétariat urbain ou une population rurale abandonnée et un salariat public opulent.

– Naissance et développement rapide d’un capitalisme commercial à partir de l’exploitation de la surconsommation des classes privilégiées, concentration entre les mains d’une dizaine de familles, du pouvoir financier et politique du Territoire.

Ainsi le C.E.P, en l’espace de vingt ans a précipité notre pays dans le marasme économique, l’assistance budgétaire et financière, les déséquilibres sociaux, l’injustice, la frustration de ceux qui contemplent le luxe étalé des privilégiés, la spéculation sur le patrimoine foncier polynésien, les logements dit « sociaux », les bidonvilles, le chômage. EN SOMME, LE C.E.P A RéUNI LES CONDITIONS OBJECTIVES D’UNE CONFRONTATION SOCIALE MAJEURE DONT ON PERçOIT, DèS AUJOURD’HUI, LES PREMIERS SIGNES.

Il faut cesser de se laisser impressionner par les arguments du style « il y a 3 000 travailleurs qui vivent du C.E.P ». Le C.E.P en a déjà licencié 7 000, cela on l’oublie volontiers dans certains milieux, Il faut arrêter les ravages économiques, sociaux et culturels du « système C.E.P ». Il faut commencer sérieusement à construire une véritable économie, à réapprendre l’effort, le partage et la solidarité.


[1]Guillaume Blanc, L’invention du colonialisme vert. Pour en finir avec le mythe de l’Éden africain, Paris, Flammarion, 2020.

[2]https://www.un.org/fr/conferences/environment/stockholm1972

[3]Joan Martinez-Alier, L’écologisme des pauvres – Une étude des conflits environnementaux dans le monde, Paris, Les petits matins, 2023 (1997).

[4]Ramachandra Guha, « Scientific forestry and social change in Uttarakhand », Economic and Political Weekly, 1985, pp. 1939-1952.

[5]Robert Jaulin, La paix blanche – introduction à l’ethnocide, Paris, Seuil, 1970.

[6]Malcom Ferdinand, Une écologie décoloniale : penser l’écologie depuis le monde caribéen, Paris, Seuil, 2019.

[7]Jason Moore, Capitalism in the web of life, New York, Verso, 2015.

[8] Cette approche suscite un ensemble de débats dont on retrouve par exemple un aperçu dans Michel Cahen, Colonialité. Plaidoyer pour la précision d’un concept, Paris, Karthala, 2024

[9] Le nouveau Dictionnaire du CEP, disponible en ligne, permet d’explorer cette histoire encore méconnue. https://dictionnaire-cep.upf.pf/ 

[10]Extrait d’article paru dans La Provence, 1961.

[11]L’ensemble des publications du Ia Mana Te Nunaa sont accessibles en ligne https://anaite.upf.pf/collections/show/38 

[12] Quelques années plus tard, Oscar Temaru crée de son côté le Tavini Huiraatira.

[13]NdE : de francs.